Cette semaine nous vivrons la quatrième édition de la Journée québécoise sans maquillage, avec comme thème cette année "belle autrement". Allez-vous vous rallier à des milliers de Québécoises en vous montrant sous votre beauté la plus naturelle?
Est-ce qu'on fera bientôt la Journée nationale sans se coiffer? Je serais ravie d'y participer puisque ça m'arrive assez fréquemment et je me sens absolument magnifique lorsque je ne me coiffe pas! Mon indomptable tignasse frisée est rarement peignée, plutôt "placée". Je l'aime beaucoup parce que c'est du "frais lavé, prêt-à-porter" avec un maximum d'une minute de mise en pli du bout des doigts le matin. Parions que plusieurs femmes refuseraient de se soumettre à cette journée éloignée de leur peigne ou de leur fer plat. Est-ce que ça signifie que la beauté passe autant par les cheveux que par le maquillage? Foutaises! Et celles qui se laissent photographier sans maquillage pour montrer à la face du monde que leur minois est beau autrement que maquillé, est-ce un hasard qu'on ait choisi uniquement des femmes qui n'ont jamais connu de près une aiguille de Botox ou un bistouri? Avouez que le contraire serait satirique! Mais... Je dois revenir à mes moutons. Mes brebis, dans ce cas-ci?
Le 24 avril 2013 devient donc une journée de mise à nu du visage : la gente féminine fera la grève du maquillage! Certains diront que le sujet est un tantinet féministe car les femmes qui se sentent obligées de porter du maquillage sont sous le joug des standards de la beauté. Personnellement, quand je vois une nouvelle couleur de rouge à lèvres que je m'empresse d'appliquer sur mes lèvres, croyez-moi, je ne me sens nullement victime. Au contraire, je me sens en pleine possession de mes moyens! Le maquillage ne devrait pas être synonyme de beauté, pas plus que le poids, la taille ou la griffe de nos vêtements. Pour moi, la beauté passe davantage par un beau sourire, par la classe, le charme et le bien-être d'habiter son corps et son esprit.
"On ne t'a jamais vue sans maquillage", vous entends-je clamer! C'est vrai =) Je suis une utilisatrice compulsive de maquillage. Enfant, je portais occasionnellement le rouge à lèvres en deuxième année du primaire, avec une permission spéciale de maman. L'année suivante, sur ma photo d'école, on voit clairement que mon oeil est souligné par un léger trait de khôl bleu (de marque Annabelle, je vous jure! Il faut croire que j'étais destinée à Groupe Marcelle). J'avais mon propre tube de crème de jour à l'âge de 11 ans; j'ai mis la main sur mon premier cache-cernes vers 13 ans, petites imperfections d'adolescente obligent, et c'était un Crayon dissimulant de marque Marcelle! (Sans farce. Je suis comme Obélix dans la potion). J'étais la seule de mon groupe de filles qui se mettait de l'ombre à paupières dans mes premières années au secondaire chez les bonnes soeurs. J'aimais ça : les couleurs, les textures, les petits pots, le côté Madame... Et l'aspect "je le fais pour moi".
C'est encore ce qui m'amène quotidiennement devant le miroir : je me maquille pour moi. J'ai comme une alarme interne qui sonne si je viens pour franchir le pas de la porte sans cache-cernes et sans couleur sur les lèvres. Les rarissimes fois où je le fais, j'ai l'impression de sortir de la maison en ayant oublié de mettre mon pantalon. Je me sens à demi nue, plus vulnérable. Au quotidien, je me sens aussi féminine que je sois maquillée ou non. Ça ne me gêne pas de sortir sans maquillage. Mon inconfort réside plutôt dans l'idée que je ne suis pas à mon avantage. Qui se rendrait à une entrevue pour un nouvel emploi dans des bureaux habillé en vêtements de jogging? Pourtant, les vêtements ne nuisent en rien aux compétences, aux connaissances et aux habiletés du candidat. La comparaison peut vous sembler boiteuse, mais quand je sors sans maquillage, c'est ainsi que je me sens : un poisson sorti de son bocal, une personne qui n'est pas à son meilleur. Est-ce que ça fait de moi une moins belle femme ou une plus belle femme que je sois maquillée ou non? Je n'y crois pas une miette. J'aime tout simplement prendre quelques minutes le matin pour me mettre à l'aise avec quelques couleurs en plus au visage.
Certaines femmes se paient la totale chaque matin : base, fond de teint, cache-cernes, crayon à sourcils, ombre à paupières, fard à joues, crayon pour les yeux, crayon contour des lèvres, mascara, couleur à lèvres et j'en passe. Par contre, se maquiller peut s'arrêter à un cache-cerne ou à une simple application de mascara. La beauté du maquillage, c'est que c'est un accessoire, pas une obligation. Ça commence et ça se termine au gré de notre désir.
Je ne me sens pas prise dans une routine. Je ne me sens pas plus particulièrement belle quand je suis maquillée. Je me sens simplement plus éveillée. Je me sens plus "d'attaque". Sur mon visage, le maquillage me donne une impression de polissage. Comparez mon visage à une pièce d'argent. Au final, qu'elle soit ternie de ver de gris ou étincelante, sa valeur est exactement la même au poids chez le bijoutier. Le maquillage, c'est mon polissage. Lorsque j'ai dissimulé les cernes bleutés qui ont élu domicile sous mes yeux le jour de ma naissance, je me sens comme un morceau d'argent poli et étincelant. Ça n'a rien à voir avec ma valeur, ni ma beauté.
La beauté du maquillage, c'est de pouvoir en porter au gré de notre coeur et de s'en priver parce que nous sommes belles, avec ou sans!
Et vous, autrement, vous vous sentez belle comment? Prenez part à la discussion en commentant ici, sur Facebook ou sur Twitter avec le mot-clic #sansmaquillage.
La preuve que ça m'arrive. Une photo de moi en janvier 2008 : pas coiffée, pas maquillée et pas reposée!




